Si je ramasse une pierre
ou une motte de terre
et que je les regarde,
j’y aperçois le supérieur et l’inférieur,
j’y aperçois même le monde entier...
JACOB BOEHME
Depuis toujours, les collines m’émerveillent, j’aime la façon dont elles attirent puis captent la lumière. En automne, de grandes ombres arabesques semblent glisser sur leurs douces rondeurs.
Aussi mes peintures de paysage ont des contours assez nets, exprimant une intensité renforcée par des couleurs brillantes, car la nature est vivante... Sa force énigmatique se rapproche inexorablement. A mesure que le temps passe, je sens cette force m’envahir.
Souvent, un lieu que l’on reproduit est déjà inscrit dans notre mémoire de peintre, il dormait là où l’on ne pensait pas, notre coeur d’enfant. C’est ainsi que des images fugitives de la nature, deviennent l’objet de compositions relativement similaires qui s’étalent sur plusieurs mois de travail, des années même.
Pas d’éléments superflus, tout est simple. Ce n’est pas le silence mais le désir de silence. On se débarrasse de la poussière et des souillures.
Cette purification a lieu, qu’on en ait conscience ou non.
La vision de collines la plus insignifiante comme la plus noble peut générer de la joie.
Le long du canal, qui semble à l’horizon se jeter dans le ciel, le peuplier lève son doigt. Comme s’il interrogeait l’absurdité des jours. A moins qu’il ne souligne le déroulement monotone des plaines, telle une exclamation sur une platitude.
Lors des promenades, le chien aboie, la vache meugle, l’oiseau s’envole. L'arbre ne quête rien, ni regard, ni caresse.
Il n’a pas d’yeux pour accrocher les nôtres. Immobile, sourd, aveugle, l'arbre est ailleurs, entre deux mondes, brassant l'air et remuant la terre, entre morts et vivants. Et qui pourrait bien prétendre affirmer lesquelles, des branches ou des racines, arriment sont fût ? Cette colonne jetant un pond entre l’obscur et la clarté.
L’arbre de tous ses enchevêtrements, retient à la fois la terre et le ciel. Et se gorgeant de l’une, il souffle à l’autre sa précieuse haleine.
Mes peintures sont toutes exécutées à l'huile avec une technique rigoureuse. Je respecte les temps de séchage et n'utilise que des pigments de qualité. Au final, chaque toile est enduite d'un vernis protecteur qui lui confère une luminosité harmonieuse.
Annemarie COLLAY
Graphiste maquettiste de formation.
Travaille quelques années dans la publicité puis s'oriente vers l'illustration médicale dans le cadre de l'Université de Lausanne.
Parallèlement à son activité professionnelle, la peinture prend de plus en plus de place dans sa vie. Elle s'isole des jours entiers pour créer de grandes toiles abstraites, ses seules sources d'inspirations étant le courant minimaliste et l'Art Brut.
Revenue à la figuration, elle se consacre à son oeuvre picturale.
Elle vit et travaille en Auvergne.
Critiques :
"Ombres et lumière", tel est le thème des peintures récentes d'Annemarie Collay. La couleur ici guide l’oeil comme une mélodie guide l'oreille. Elle nous transporte dans son univers fait de tendresse et de volupté. Jusqu'à ce que le mouvement de ses ombres, ses ondulations, arrêtent le regard, posant à l'esprit la question essentielle...
J. François Fournier
Collines et arbres solitaires d'Annemarie Collay ont la fraîcheur d'un bel avril, et offrent aux rêveries du promeneur solitaire le plus serein des paysages...
C'est une nature immensément calme que l'artiste expose au Jardin des Coeurs...
Ouverte comme une ample respiration purificatrice, peuplée seulement d'arbres rares ou d'un arc en ciel tombant tout droit du ciel, cette nature est fraîche et sereine, intensément simple, substansifique sève de l'éternité montant du silence et de la solitude.
Une solitude nourricière qui relie et non sépare, qui purifie et donne à voir le monde entier dans un seul brin d'herbe. Source d'une réflexion métaphysique, d'un éveil spirituel.
Il faut se dépouiller de l'agitation du monde - celle du dehors, celle du dedans - pour parcourir sans en troubler l'ascétique harmonie cette série de trente trois toiles vivifiantes comme une pluie de printemps.
Ce sont des paysages du Livradois-Forez ou bien du Sud, ordinaires beautés du quotidien au rythme des "ombres et lumière" du jour, ponctués de signes allusifs, traces et sillages.
Un arbre, un seul, planté comme un point d'interrogation dans l'infiniment vert " comme s'il interrogeait l'absurdité des jours". Puis deux, puis trois et même tout un rideau de peupliers et pourtant "solitaires". un nuage dans le ciel pâle, léger fantôme évanescent. la menage d'un orage sur les champs...
"La montagne" 15 avril 2008
Expositions :
1991: Galerie Utopie, Lausanne, Suisse
1998: Géraldine Shantz, Bâle, Suisse
2006: Château de Vollore, France
2006: Galerie Casadeï, la Chaise Dieu, France
2008: Galerie Artmonti, Paris
2008: Jardin des cœurs, Thiers, France
Collections particulières :
Suisse, Lausanne
Belgique
France
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